Le Jeudi 22 Mars 2012 à 20H30 au Théâtre Off - 4ème mur
14, quai de Rive-Neuve 13007 Marseille Métro Vieux-Port.
Emmanuel Merle donnera lecture de quelques uns de ses poèmes et nous parlera de son travail d'écrivain. Rencontre animée par Lionel Mazari. Entrée libre.
Bibliographie d'Emmanuel Merle:
Écarlates, Éditions Sang d'encre, 2011.
Ce qui parle, poèmes avec une gravure de Marc Pessin, Le Verbe et l'Empreinte, 2011.
Pierres de folie, La Passe du Vent, 2010.
Boston, Cape Code, New York, Éditions du Pré carré, 2010.
Un homme à la mer.Gallimard, Blanche, 2007.
Amère Indienne, Gallimard, Blanche, 2006.
Toutes les pierres ont une face plate, NFR, 2004.
Redwood, Gallimard, 2004.
Article consacré au recueil "Amère indienne" paru dans Livre et Lire
Avec Amère Indienne, récompensé par le prix Roger Kowalski, Emmanuel Merle livre un recueil magnifique oscillant entre le carnet de voyage et la quête intérieure. Animés par une prose poétique très narrative, les poèmes sont avant tout des textes qui disent l’Ouest américain que le narrateur traverse : les Rocheuses, l’Idaho, le Nevada, le Montana. « Et le Montana, à Bozeman, est une île à la dérive / Les routes et les clôtures infinies qui ne délimitent plus rien / Font une fermeture Eclair dont l’ombre est une traînée d’avion / Au bord des falaises nuageuses. Go West. Ne t’arrête pas. / L’arrêt c’est le vertige et la mort. / Le ciel est le lit du temps et les nuages son écume. / Par chance tu n’es rien / Qu’un indien français près de Bozeman. » L’immensité des paysages donne au voyageur une impression de vertige que la découverte des villes ne fait que renforcer. Entre les motels, les villages fantômes, les bars de nuit, le narrateur se laisse enivrer par ce nouveau monde, un monde hanté par la présence des indiens et des atrocités qu’ils ont subies : « Au loin passent des êtres humains. Des fantômes de tous les âges, / Coincés avec très peu d’espace. Ils avancent dans le rien. / La terre les porte encore, le ciel pèse et les ploie / enfin, car demain est un bon jour pour mourir. » Cette évocation d’un Ouest américain qui avait déjà inspiré les plus grands (dont Cendrars, à qui Emmanuel Merle rend hommage par un poème) nous envoûte par sa sensibilité et son raffinement, autant que par sa formidable propension à mêler les destins d’un peuple aux turpitudes intimes du voyageur • Yann Nico