poèmes en douce
C'est vers le soir qu'on voit mourir
les villes millénaires
la mer chante sa berceuse aux vieillards
Les femmes s'ennuient sous leurs vêtements
le regard de chaque homme prolonge un désir aveugle
un monde assis continue dans sa fin
Je vais plus loin je m'installe au coin du sourire
les villes meurent aux terrasses
les fontaines saignent
les témoins anémiés boivent à leur chevet
Pour se sauver il ne reste plus que la gare
train-de-nuit-debout-couloir-nez-à-la-vitre
à rêver de villes jeunes mais à voir
un ciel couché dans ses feux
De très loin me parvient encore la lumière
des réverbères depuis longtemps éteints
Texte de Lionel Mazari paru dans le recueil La nuit fait feu
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