La presse:
"Des textes remarquables servis par un authentique troubadour des temps modernes."
"Pour le public venu écouter cette belle lecture, l'émotion autant que l'humour étaient au rendez-vous."
"La révélation d'un auteur et d'un interprète."
" Un véritable engagement poétique et une lecture d'une qualité rare. Sans conteste, la grande voix de la poésie contemporaine."
 "Lionel Mazari ne dit pas la poésie, il est la poésie."
 "Un merveilleux poète, un conteur fantastique."

  Contact pour lecture publique: 06.25.24.68.90 cardelus@laposte.net


lionel mazari image

C'est un poème-poète qui a fourgué sa révolution aérienne aux francs-tireurs de l'intelligence 

et influencé le souffle de ceux qui l'ont entendu; 

l'extrême singularité de la voix vibre au diapason de l'instant,

elle rythme et musique un quotidien vécu comme une révélation

où il apparaît en parolier inspiré,

poème-poète du vol et de feu à peine sorti de la plume,

juste pensé,

rêvé en passant par le monde,

né de la dernière averse et d'un récent rayon de soleil,

un présent gravé dans l'imaginaire

et qui en renouvelle le moment intime,

une pensée en arc-en-ciel

qui abreuve et qui intime le désordre;

confiance volontaire et libre abandon:

si nous étions les gardiens de ce réel-ci

il serait notre ange.

  

Qu'il parle et c'est du cœur qu'il est question;

d'un cœur porté en place de grève

d'une ville comme décomposée

où la douleur errante

arrache à l'âme niée

son affirmation et ses visages multiples,

mais pas son nom,

comme si nommer arrangeait tout pouvoir;

un cœur soumis à la question,

porté par une foule absente à la lumière

dans cette cruauté tendre

et maladroite des victimes

qui nous envoient leurs doigts

quand on leur parle d'écrire,

et nous renvoient leurs silences

quand on leur parle.

  

Une autre fois, il apporte  son chant à la polyphonie universelle de la passion amoureuse;

il offre à son amour fou de poète le secours d'une  sagesse plus étrange encore:

celle du conteur;

il est celui qu'il évoque:

l'amour aveugle;

comme si la vue gênait la vision de l'être intime qui le hante et qu'il chante;

il devient celui qu'il devine et

distribue une parole envoûtante

comme des graines dans le jour

sur les places publiques

à ces enfants-oiseaux qui savent dans leur corps écouter l'amour;

pourtant ce n'est ni le conteur ni l'aveugle qu'il invite,

mais deux ou trois de ces oiseaux devenus adultes

dont les parades amoureuses restent à jamais nourries de ce mystère d'aimer

dont ils furent comme nous,

faux comédiens,

voici bien longtemps

le temps d'une histoire partagée les dépositaires merveilleux et secrets.

  

Mais malheureusement

il est aussi parfois celui qui penche;

une lucidité douloureuse

et inutile

l'accompagne;

quelques touches

d'une lumière pure

parsèment son errance recluse

avec les éblouissements émouvants

que jettent sur le monde

ses compagnons ;

sa tendresse nous suit

comme une dernière tentative de survie.

 

Elle suit encore tous ceux qui,

ne serait-ce qu'une fois dans leur vie,

au hasard des rues,

hallucinés par l'insomnie,

ont traversé seuls leur propre nuit

les yeux pleins de larmes,

la lèvre tremblant sous la blessure des mots imprononçables.

  

Humains le temps d'un cauchemar,

nous avions abandonné dans le silence

quelques uns de ces cris trop pudiques,

jaillis de cette chair en indécente incandescence: appels sans réponse,

confessions à corps et à cris,

quête d'absolu sans absolution;

nous descendons

marche vide  à marche vide

l' impossible escalier du désir

et nous entrons avec notre âme calcinée

dans le cauchemar de l'amour,

dans cette terrible nécessité d'aimer  pour vivre,

à l'image de ces oiseaux de la mythologie orientale,

dont chacun ne portant qu'une aile,

doivent être deux pour s'envoler;

ou de ces poissons de la même mythologie

partant ensemble se noyer

dans un alcool répétitif et destructeur

lowrysant sur l'horizon.

  

Mais le plus souvent ses poèmes  font un bruit de billes ou de planète;

ils sont le sûr chemin des écoliers

pavé de bonnes leçons,

les fables du surréel à la récitation muette,

les lignes de chance ou de malchance dans la main du temps,

les pièges à paroles buissonnières où se prennent au rets les images du bonheur,

ou de son synonyme sifflotant,

ou de son prête-nom sautillant,

homme de paille et de peine

la bouche pleine de l'air d'une chanson:

qui travaille mange la paille

qui fout rien mange le foin;

mais il s'enflamme

et ses poèmes font un foin

à réveiller les moissonneurs,

et ses poèmes font une paille

à boire la rosée des siestes

dans le corsage des glaneuses;

il est trafiquant de tous bonheurs

de toutes ces choses qui portent un autre nom;

brouhaha

des sphères, moissons de soleil et des jeux,

ses poèmes font un drôle de bruit, mais c'est que

lorsqu' on flanque un poète à la porte,

c'est à celle de la grange  du silence.

  

Il est aussi celui qui prétendit un jour s'appeler: Personne;

et à cette identité qui se décline une autre répond:

Personne, le masque,

l'absent masqué pour le théâtre intérieur

dans le tumulte des voix et l'amitié

de quelques personnages inventés,

chacun posant sur la table ses papiers de poète,

quelques grammes d'identité arrachée au néant

contre un peu d'or,

un peu de vent,

quelques épices

et quelques hommes;

l'exil, cette aventure d'être,

celle qui crée ses territoires et qui les quitte;

l'âme, ce chant qui invente

ses nouvelles langues et les oublie,

fado pour personne et un autre,

juste le temps d'une rencontre;

Personne et c'est un nom lourd à porter

pour qui affirme n'être rien;

on le prend pour un autre, hé bien

c'est pour un autre encore qu'il se prend,

et qui plus est,

en conversation avec le même,

et qui plus est, n'est plus soi-même;

tous ces personnages viennent dire

la diversité du peu d'être,

la difficulté sans doute à être,

l'intégrité paradoxale,

et l'évidence du jeu sérieux;

tous ces personnage partent dire:

l'équipage;

vivre sans doute était risqué,

mais on n'en avait pas le choix;

alors en route pour l'horizon intérieur,

la route qu'on connaît si mal qu'on peut la suivre les yeux fermés;

ô la route de soi,

ô les indes et la braise,

fier astrolabe égologique;

le plus court chemin sera celui

qu'on n'a encore jamais suivi;

on est là, on y est,

à taire, à ne pas taire,

à questionner la lumière atlantique du regard

au bord d'une méditerranée égarée,

à prendre des nouvelles du pays de l'enfance figée dans les azulejos,

à en donner de cette terra incognita de la complexité et de ses îles du désir à la dérive,

à établir la carte des errances;

mais déjà le poète

à son tour incarné en poème

connaît la règle de ce je cruel;

il a l'âme en exil

et le corps en escale;

et quand la mort clôt la soirée,

il se réveille dans la peau d'un autre,

et qui plus est, n'est plus

au chevet de soi;

et s'il n'est plus là pour se nommer

Personne,

le poète errant habite aujourd'hui

le souffle et les masques

de quelques autres

fils de Personne.

  

Il possède alors la musique de l'instinct,

la fulgurance d'une langue inventée pour découvrir,

la résistance d'un cri mélodieux à la fausse monnaie des silences bavards,

les belles grimaces du rire qui s'ébroue sous l'injure des simagrées spirituelles;

il surgit

heureux d'une fraternité tonique de la révolte,

frère de sang de chaque rêveur éveillé;

et il plante le drapeau du je intime sur le toi du monde,

en plein élan en plein cœur;

chacun de ses chants: une alchimie blanche;

chacune de ses pages: un peu de vent dans le regard

pour quelques grammes d'une encre

concoctée avec une poignée de terre inconnue,

un souffle d'air jamais respiré

et une flasque d'eau fraîche

portées sous un grand feu d'ombres;

et ce sont les pierres d'une philosophie sauvage qui brûlent entre les mains

offertes comme des chemins;

ô mandragore, ce corps à corps de l'âme avec le cri,

ce face à face du cœur avec l'horizon,

ce chant qui célèbre les éternelles fiançailles du temps et de l'espace;

nous arrachons à ces carnets du rêve réel et vivifiant

quelques moments de feu,

quelque haltes au bivouac,

qui chantent dans nos têtes

pour aller toujours plus loin dans cette vie aventureuse;


aujourd'hui est le premier jour de l'avenir

 

Lionel Mazari

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